Légalisation du cannabis : l'avis des médecins spécialistes

Depuis 2001, l’accès au cannabis à des fins médicales est légal au Canada. En 2018, le gouvernement fédéral a légalisé la consommation du cannabis à des fins récréatives. Lui emboîtant le pas, le gouvernement du Québec a adopté un projet de loi et créé la Société québécoise du cannabis (SQDC).

D’un point de vue médical, plusieurs spécialités se sentent directement interpellées et préoccupées par la question de la légalisation du cannabis, notamment en raison des effets appréhendés sur la santé de la population en général, et sur celle des jeunes ou des clientèles plus vulnérables en particulier. 

La FMSQ a alors émis plusieurs recommandations visant à protéger la population. Par la suite, le gouvernement du Québec a adopté un projet de loi resserrant l’encadrement de la légalisation du cannabis et faisant passer l’âge légal de 18 ans à 21 ans. La FMSQ a appuyé cette législation, car la science démontre que la consommation du cannabis a des effets néfastes sur les jeunes de moins de 25 ans.

Consommation de cannabis : quels sont les effets sur le comportement et la santé?

Les effets néfastes du cannabis sur la santé sont nombreux. La FMSQ s’inquiète de l’impact de la légalisation du cannabis au Québec sur l’augmentation de la prévalence de certaines maladies telles que : 

  • Les cancers du poumon
  • Les maladies pulmonaires obstructives
  • Les cas d’asthme et de bronchite
  • Les grossesses à risque
  • Les interactions néfastes avec certains types de médicaments
  • Les traumatismes découlant d’accidents de la route
  • Les troubles digestifs
  • Les troubles de santé reproductive

Des effets sur le cerveau

De nombreuses études ont démontré les effets de la consommation du cannabis sur le cerveau des jeunes de moins de 25 ans. Une étude scientifique publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry démontre que les jeunes qui cessent de consommer du cannabis durant seulement une semaine voient leur apprentissage scolaire et leur mémoire s’améliorer très rapidement.

Une autre étude publiée dans le Journal of Neuroscience démontre des changements dans les régions du cerveau touchant les émotions chez les jeunes qui fument du cannabis au moins une fois par semaine.

D'autres préoccupations

Le taux de THC

La teneur en THC contenue dans le cannabis et ses produits dérivés est un élément majeur qui influe sur le niveau de risque du consommateur. La FMSQ a demandé que cette teneur soit déterminée et qu’elle fasse l’objet à la fois d’un encadrement strict et de mesures de contrôle rigoureuses par le gouvernement. Le lien causal entre la teneur du THC et la création d'une dépendance au produit doit aussi être étudié par l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Les produits comestibles au cannabis

Les produits comestibles de cannabis, sous forme solide ou liquide, représentent également un risque pour la santé. La FMSQ s'attend à un encadrement réglementaire strict et à des mécanismes de contrôle rigoureux. Des cas d'intoxication de personnes âgées avec des biscuits au pot ont d'ailleurs été rapportés récemment.

Le lien entre la consommation de tabac et de cannabis

De nombreux professionnels de la santé, incluant des médecins spécialistes, ont exprimé leurs préoccupations sur les effets du tabac et la prédisposition à consommer du cannabis. Ce lien causal a été démontré dans le cadre de nombreuses études, dont celle de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Prévenir la consommation de cannabis par la sensibilisation

La FMSQ s’attend à ce que la légalisation de la consommation de cannabis entraîne une augmentation des coûts pour le système de santé. Une campagne de sensibilisation auprès des jeunes sur les effets de la consommation du cannabis sur la santé physique et mentale est donc essentielle. La sensibilisation aux méfaits du tabac et du cannabis sur la santé devrait faire partie intégrante du corpus d’enseignement, comme devraient l’être la nutrition, la prise en charge de sa santé (hygiène de vie et soins de base) et l’adoption de saines habitudes de vie.

Vos spécialistes dans les médias 

« On sait que pendant la grossesse, c’est dangereux pour le bébé. Que ce soit le pot, les autres drogues ou l’alcool, y’en a pas de critère minimal. » 

Dre Diane Francoeur, Présidente FMSQ , 98,5 FM 13 mars 2019

 

« Fumer du cannabis chez les jeunes de moins de 21 ans augmentera la prévalence de certaines maladies à long terme, comme les cancers du poumon, les maladies pulmonaires obstructives, les cas d’asthme et de bronchite, les grossesses à risque et les tractions néfastes avec certains types de médicament, les traumatismes découlant d’accidents de la route, des troubles digestifs et de la santé reproductive. » 

Dre Diane Francœur, Présidente FMSQ , Le Devoir, 8 décembre 2018

 

« Au Québec, la consommation de cannabis est déjà trop banalisée. Nous voyons des jeunes souffrant de psychoses toxiques et victimes d'accidents dus aux facultés affaiblies par le cannabis et autres drogues. »

Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ) , communiqué de l'ASMUQ, 5 décembre 2018

 

« Une chose que j’aimerais que les parents comprennent aussi, c’est que le cannabis d’aujourd’hui n’est pas le cannabis qu’ils ont fumé lorsque qu’ils avaient 15 ans. » 

Dre Karine J. Igartua, présidente de l’AMPQ , Le Soleil, 17 janvier 2018

 

Liens utiles

Institut national de santé publique : 

Association des médecins psychiatres du Québec :

Collège des médecins du Québec : 

Ontario Medical Association :